ALGER, 27 sept 2011 (AFP) - Une réunion du gouvernement avec le patronat et la centrale syndicale officielle est prévue jeudi et vendredi à Alger pour répondre à la fronde sociale sans que les syndicats autonomes, à la tête de la contestation, soient de la partie.
Afin de calmer la rue, très influencée par les révoltes arabes voisines, de nombreuses augmentations salariales ont été accordées à tous les travailleurs qui ont fait grève ou manifesté depuis le début de l’année.
Le gouvernement a octroyé des hausses allant jusqu’à 70% dans la fonction publique avec effet rétroactif dans certains cas à janvier 2008.
Cherchant à éviter l’explosion sociale, il a déboursé plusieurs milliards de dinars pour favoriser la création demplois. Mais le dialogue n’inclut pas tous les partenaires sociaux, le gouvernement n’ayant convié, comme à son habitude, que l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), dont la représentativité est contestée par les syndicats autonomes majoritaires dans la fonction publique.
Un point inscrit à lordre du jour annoncé officiellement pour cette 15ème tripartite concerne « la représentation syndicale dans le secteur économique », entièrement dominée par lUGTA.
« Il existe une contradiction entre le discours du Président de la république qui parle d’ouverture et de reconnaissance de tous les syndicats et le terrain où les syndicats autonomes sont exclus en violation de notre constitution qui les reconnaît », s’est insurgé Meziane Meriane du Syndicat national des professeurs de lenseignement secondaire et technique (Snapest) dans une déclaration à l’AFP. « Nous sommes des syndicats reconnus légalement, mais les pouvoirs publics limitent notre champ d’action ».
Pour M. Meriane, « il n’y a rien à attendre de cette tripartite ».
Achour Idir, membre de l’intersyndicale de la Fonction publique (IAFP), secteur où les syndicats autonomes sont hégémoniques, est de cet avis et fustige l’UGTA.
« Nous considérons que la tripartite n’est pas représentative des travailleurs et de leurs revendications. C’est un semblant de dialogue social, une figuration pour donner une certaine image à l’extérieur », a affirmé M. Idir à l’AFP.
L’un des points-phares de la tripartite vise à l’augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG), fixé à 15.000 dinars (150 euros) en décembre 2009. Des politiques et des syndicalistes se sont prononcés pour un doublement du SNMG, mais le patronat est partisan dune augmentation moins importante craignant pour la survie de nombreuses PME.
Dimanche, Réda Hamiani, président du Forum des chefs d’entreprises (FCE, privé) a « souhaité que cette hausse soit mesurée et qu’elle ne s’étende pas à toutes les catégories salariales ».
Mohand Saïd Naït Abdelaziz, président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), a mis en garde samedi contre une augmentation du SNMG au détriment de la pérennité de l’entreprise. Comme en écho, son collègue du syndicat concurrentiel Confédération algérienne du patronat (CAP) Bouelam Merrakech soulignait qu’il fallait « tout d’abord assainir le climat des affaires ».
D’autres dossiers seront examinés lors de cette réunion, dont ceux liés à l’amélioration et à la promotion de la production nationale, aux retraites, à la baisse de l’impôt sur le revenu global (IRG) ou aux conventions de branches.
Le patronat refuse toute dichotomie entre le privé et le public, majoritaire dans les affaires, et prépare un dossier sur le sujet.
L’Etat reste, selon le Premier ministre Ahmed Ouyahia, le premier investisseur en Algérie, avec 14 milliards de dollars injectés dans le développement depuis janvier 2010.
La dernière réunion de ce type, fin mai, avait débouché sur des décisions pratiques visant à relancer une machine économique rouillée. Un rapport sur l’état d’avancement de ces mesures sera présenté lors de cette tripartite.




