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Géorgie-Russie : Moscou reconnaît l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud

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La Russie reconnaît l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, deux Républiques indépendantistes de Géorgie, a annoncé hier le président russe Dmitri Medvedev dans une déclaration retransmise à la télévision russe. 
Le chef de l'Etat russe a indiqué avoir "signé les décrets sur la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud en tenant compte de la volonté des peuples ossète et abkhaz et conformément à la Charte de l'Onu, à la déclaration de 1970 sur les principes du droit international portant sur les relations amicales et la coopération entre les Etats, à l'Acte final d'Helsinki de 1975 et à d'autres documents fondamentaux internationaux". 
Le président russe a appelé la communauté internationale à suivre l'exemple de la Russie. "C'est un choix difficile, mais c'est le seul moyen de protéger des vies humaines", a ajouté le président Medvedev. Lundi, le Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) s'était prononcé lors d'une session extraordinaire en faveur de reconnaissance des républiques indépendantistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. 
"Compte tenu des multiples appels de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie pour la reconnaissance de leur indépendance (vis-à-vis de la Géorgie), y compris les demandes, reçues les 22 et 24 août 2008, le Conseil de la Fédération propose de reconnaître l'indépendance de ces républiques autoproclamées", avaient souligné à l'unanimité, dans un message adressé au président russe Dmitri Medvedev, les 130 sénateurs présents à la session. La Douma (chambre basse) avait elle aussi voté lundi un document en faveur de la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.

L'Otan "rejette"  la décision russe
Le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a "rejeté" hier la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, en jugeant qu'elle "viole" l'intégrité territoriale de la Géorgie. 
"Je rejette la décision du gouvernement russe de reconnaître l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, régions de la Géorgie", a déclaré le responsable de l'Otan, selon un communiqué. "Il s'agit d'une violation directe des nombreuses résolutions de l'Onu concernant l'intégrité territoriale de la Géorgie, résolutions qui ont été approuvées par la Russie elle-même", a ajouté Jaap de Hoop Scheffer.

Medvedev : "Moscou  n'a pas peur  d'une nouvelle  guerre froide  avec l'Occident"
Le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré hier "n'avoir peur de rien", y compris d'une nouvelle "guerre froide" avec l'Occident, après la décision de Moscou de reconnaître les républiques séparatistes de Géorgie. 
"Nous n'avons peur de rien, y compris d'une guerre froide. Bien sûr, nous ne la voulons pas", a-t-il dit dans une interview à la chaîne d'information russe en langue anglaise Russia Today. "Dans cette situation, tout dépend de nos partenaires, de la communauté mondiale et de nos partenaires en Occident", a-t-il ajouté. 
"Si les Occidentaux veulent conserver de bonnes relations avec la Russie, ils comprendront les raisons de notre décision" de reconnaître l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie." M. Medvedev a réaffirmé que la Russie avait pleinement appliqué le plan de paix négocié par la France, concernant notamment le retrait des forces russes de Géorgie. 
"La Russie a pleinement rempli ses obligations relevant des six principes du plan dit “Sarkozy-Medvedev”. Nos forces se sont retirées hors des frontières de Géorgie, exception faite de la zone dite de sécurité", a-t-il dit.

Le Kremlin suspend  en partie  sa coopération  avec l'Otan
La Russie a annoncé hier la suspension d'une partie de ses activités avec l'Otan et le report d'une visite du secrétaire général de l'Alliance en Russie, mais a décidé de maintenir sa coopération avec l'organisation sur l'Afghanistan. 
"Le ministère de la Défense annonce qu'il suspend sa coopération avec l'Otan", a déclaré le représentant permanent de la Russie auprès de l'Alliance, Dmitri Rogozine, lors d'une conférence de presse à Moscou. Concrètement, la Russie suspend les visites d'officiels de l'Otan en Russie, celle de navires de l'Alliance dans les ports russes ainsi que la participation des forces russes à des exercices militaires communs, a détaillé M. Rogozine. 
De plus, la visite en Russie du secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, prévue pour le 17 octobre, "est repoussée", a-t-il ajouté.

Les Occidentaux s'élèvent contre  la reconnaissance
Plusieurs dirigeants occidentaux ont réagi à l'annonce faite par la Russie au sujet de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. La présidence française de l'Union européenne (UE) a fait savoir qu'elle consultait ses partenaires pour adopter une condamnation commune de cette décision, jugée "regrettable" par un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. 
"Nous rappelons notre attachement à l'intégrité territoriale de la Géorgie", a souligné ce porte-parole. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a également évoqué un acte "regrettable". Plus ferme, la chancelière allemande Angela Merkel a qualifié la décision russe d'"inacceptable" car elle "contredit le principe d'intégrité territoriale, un principe de base du droit international des peuples", tandis que le gouvernement britannique l'a rejetée "catégoriquement". 
Même condamnation de la part de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe qui, par la voix de sa présidence finlandaise, a estimé qu'il s'agissait d'une "violation des principes de l'OSCE", qui doit envoyer 20 observateurs militaires en Géorgie en plus des huit déjà présents avant la crise actuelle.

Gorbatchev  met en garde contre une "nouvelle  scission" du monde
L'ex-numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev a mis en garde hier contre "une nouvelle scission" et un nouveau "cataclysme" dans le monde après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des séparatistes abkhazes et ossètes et son rejet par l'Otan. 
"La situation provoquée par les événements dans le Caucase a déclenché des mécanismes politiques et militaires en Amérique, en Europe, en Russie (...) Le danger d'une nouvelle scission est apparu et la menace d'un cataclysme mondial s'accroît", prévient M. Gorbatchev dans un texte adressé à l'agence de presse russe Itar-Tass. 
"Gorbatchev a envoyé aujourd'hui son article à Itar-Tass. C'est sa réaction" à une nouvelle série de déclarations des dirigeants russe et de l'Otan sur la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des deux territoires séparatistes géorgiens, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, a indiqué l'un de ses porte-parole, Vladimir Poliakov. 
"Une escalade provoquée des deux côtés, un mauvais calcul dans l'appréciation des intentions de la partie adverse, la peur de perdre la face, attisée par les ultra-patriotes avaient entraîné l'Europe dans la (Première) guerre" mondiale, rappelle le père de la perestroïka.

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